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12.11.2006
Après le carnet de comportement, le QI
TF1 est venu nous interviewer, Moi et mon confrère Antoine SPATH (également membre du conseil d'administration du SPEL) au sujet de la montée en puissance du QI, ou plus exactement de l'augmentation de la demande de calcul du QI. Il y a une pétition qui circule à se sujet, initiée par des psychologues et pédopsychiatres.
Je n'insisterai jamais assez sur la dangerosité de toutes ces approches qui visent à réduire l'individu en le cadrant dans un chiffre ou dans un carnet de comportement (voir pétition "non au zero de conduite") . Au nom de la prévention ou de la connaissance pour un meilleur suivi et une meilleure orientation, on met en place des mesures (dans le double sens de loi et de calcul) de l'individu. Et on systématise la démarche. Notre carte d'identité se complète et se fige ainsi, jusque dans ce qu'il y a pourtant de plus plastique et évolutif dans notre humanité : notre psychisme pour parler de notre inconscient ou notre cerveau si on veut rester plus cognitif (voir certains ouvrages dont les titres parlent d'eux-mêmes : "Quand les neurosciences démontrent la psychanalyse" de Gérard Pommier, "A chacun son cerveau. Plasticité et inconscient" de François Ansermet).
Comme j'ai déjà pu le mentionner en réaction au livre noir de la psychanalyse (voir quand la liberté fait loi), ces procédures hygiénistes sécuritaires se présentent comme les solutions trouvées face à une décohésion sociale, issue de l'éclatement des valeurs, du rejet de l'autorité, de l'apogée de l'individualisme. Mais ce ne sont pas des solutions pour reconstruire ou contenir le tissu social. Ce sont des solutions pour contenir l'angoisse. L'angoisse face à une trop grande liberté qu'on ne sait pas gérer, l'angoisse face à l'autre qui viendrait m'anéantir si je n'arrive pas à le contrôler.
On retombe dans cette haine de l'autre, dès qu'il a 36 mois, et donc de soi. Au lieu de mettre à profit notre savoir et nos progrès nous les exploitons contre nous-mêmes, arrivant à ce paradoxe insupportable : les outils de la psychologie se développent pour mieux nous nier.
Je compte vivement sur nous, acteurs de la blogosphère, pour inverser le processus.
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